Qu'est-ce qu'un Business Developer ?
Un Business Developer est chargé de faire croître l'activité au-delà des clients existants. Il cherche des relais de croissance : de nouveaux comptes, un nouveau segment, un pays, un partenaire qui apportera des ventes.
Le métier a une particularité : son contenu change avec l'entreprise. C'est ce qui rend le titre si flou dans les offres, et ce qui explique les écarts de salaire d'un poste à l'autre.
| Type d'entreprise | Ce que fait le Business Developer | Rôle le plus proche |
|---|---|---|
| Startup de moins de 30 personnes | Prospecte, fait les démos, signe les premiers contrats | SDR et Account Executive à la fois |
| Scale-up avec une équipe d'AE | Prospecte et qualifie, transmet les rendez-vous | SDR ou BDR |
| ETI ou grand groupe | Ouvre un marché, un pays ou un canal de distribution | Chef de projet commercial |
| Éditeur établi ou marketplace | Signe des revendeurs, des intégrateurs, des plateformes | Partnership Manager |
Startup de moins de 30 personnes
- Ce que fait le Business Developer
- Prospecte, fait les démos, signe les premiers contrats
- Rôle le plus proche
- SDR et Account Executive à la fois
Scale-up avec une équipe d'AE
- Ce que fait le Business Developer
- Prospecte et qualifie, transmet les rendez-vous
- Rôle le plus proche
- SDR ou BDR
ETI ou grand groupe
- Ce que fait le Business Developer
- Ouvre un marché, un pays ou un canal de distribution
- Rôle le plus proche
- Chef de projet commercial
Éditeur établi ou marketplace
- Ce que fait le Business Developer
- Signe des revendeurs, des intégrateurs, des plateformes
- Rôle le plus proche
- Partnership Manager
Avant de postuler ou de recruter, la vraie question est donc simple : que signe ce Business Developer, et avec qui ?
Business Developer en français
La traduction la plus courante est chargé de développement commercial. On croise aussi développeur d'affaires, très employé au Québec, et responsable du développement dans les PME. Le diminutif BizDev est entré dans le vocabulaire courant des startups.
Business Developer ou commercial : quelle différence ?
Tout Business Developer est un commercial, mais l'inverse n'est pas vrai. Un commercial classique vend une offre établie à une clientèle connue, et fait tourner un portefeuille.
Le Business Developer travaille sur ce qui n'existe pas encore : des comptes jamais contactés, une cible nouvelle, un partenariat à monter. Il passe plus de temps à chercher qu'à entretenir.
Dans le logiciel B2B, le mot commercial se découpe en rôles précis. Le SDR prospecte, l'Account Executive signe, l'Account Manager développe les clients. Le Business Developer se place à cheval sur les deux premiers.
Les missions d'un Business Developer
Les missions varient avec le contexte décrit plus haut. On retrouve pourtant le même socle dans la plupart des offres que nous traitons.
Analyser le marché et choisir ses cibles
Le Business Developer décide où chercher : quels secteurs, quelles tailles d'entreprise, quels pays. Il part des clients déjà signés pour trouver ceux qui leur ressemblent. Il guette aussi les signaux comme une levée de fonds ou une nouvelle réglementation.
Prospecter et ouvrir des comptes
Appels, mails, LinkedIn, salons, recommandations de clients : il combine les canaux pour obtenir un premier rendez-vous. Dans une startup, il construit souvent ses propres séquences dans Lemlist ou HubSpot.

Mener la vente jusqu'à la signature
Quand le poste inclut le closing, il fait la découverte, la démo et la proposition, puis négocie. Les cycles vont de quelques semaines pour une PME à plusieurs mois pour un grand compte.
Monter des partenariats
Dans certaines entreprises, la croissance passe par d'autres acteurs. Un intégrateur revend le logiciel, une banque le propose à ses clients, une plateforme l'intègre à son offre. Le Business Developer identifie ces partenaires, négocie l'accord et suit les ventes qu'ils apportent.
Faire remonter le terrain
Il entend avant tout le monde ce que le marché réclame. Il le transmet au produit et au marketing : fonctionnalités demandées, objections récurrentes, concurrents cités en rendez-vous.
Fiche de poste type d'un Business Developer
Voici la trame que nous utilisons pour cadrer ce poste avec un client. Elle aide aussi un candidat à décoder une offre trop vague.
- Intitulé : Business Developer, en précisant le segment visé (PME, grands comptes) ou la zone.
- Rattachement : la personne à qui il reporte, et l'équipe autour de lui.
- Périmètre : prospection seule, prospection et signature, ou partenariats.
- Cible : secteurs, taille des clients, pays, nombre de comptes attribués.
- Objectifs : rendez-vous qualifiés, pipeline créé, chiffre d'affaires signé ou partenaires actifs.
- Outils : CRM, base de données de contacts, séquenceur, téléphonie.
- Rémunération : fixe, variable, et base de calcul du variable.
- Profil : expérience attendue, langues, connaissance du secteur.
Une offre muette sur le périmètre et les objectifs cache souvent un poste mal défini. Nous conseillons aux candidats de poser la question dès le premier échange.
Exemple de semaine en startup
Lundi, revue du pipeline avec le CEO et choix des comptes à attaquer. Mardi et mercredi, deux sessions d'appels le matin et des rendez-vous l'après-midi.
Jeudi, un salon professionnel ou un déjeuner avec un partenaire. Vendredi, propositions commerciales, mise à jour du CRM et retours au produit.

Prospecteur, closer ou partenariats : les trois visages du métier
Derrière le même titre, nous recrutons trois profils qui ne se remplacent pas. Confondre l'un avec l'autre est une cause d'échec fréquente sur nos missions.
Le prospecteur
Dans une scale-up qui a déjà des AE, le Business Developer prospecte et transmet. Son quotidien ressemble à celui d'un SDR : cadence d'appels et de mails, qualification, rendez-vous passés au vendeur.
Il est jugé sur le pipeline créé. C'est souvent un premier ou un deuxième poste, payé dans le bas de la grille junior.
Le commercial complet
Dans une startup qui signe ses premiers clients, il fait tout. Il trouve le prospect, mène la démo, envoie la proposition et négocie. Il est jugé sur le chiffre d'affaires signé, souvent en nouveaux clients.
Ce profil a besoin d'autonomie et de méthode, car personne ne relit son pipeline à sa place. Pour le premier commercial recruté par des fondateurs, voir aussi la fiche Founding Sales.
Le développeur de partenariats
Dans un éditeur établi ou une marketplace, le Business Developer signe des accords plutôt que des clients. Il négocie avec un revendeur, un intégrateur ou une plateforme. Il anime ensuite la relation pour que le partenaire vende vraiment.
Le cycle est long et les indicateurs changent : partenaires actifs, chiffre d'affaires apporté par le canal, opportunités partagées. Les profils viennent souvent du conseil ou de la vente grands comptes.

Les questions qui révèlent le vrai poste
- Qui signe le contrat à la fin : vous, un AE ou le partenaire ?
- Sur quel indicateur le variable est-il calculé ?
- Combien de rendez-vous arrivent du marketing, et combien faut-il créer soi-même ?
- Combien de Business Developers ont atteint leur objectif sur l'année écoulée ?
Les compétences que nous vérifions en recrutement
Pour recruter un Business Developer, nous adaptons la grille au visage du poste. Quatre points reviennent pourtant à chaque fois.
Ouvrir une porte fermée
Nous demandons comment le candidat a obtenu son dernier rendez-vous avec un compte qui ne le connaissait pas. Le récit doit être précis : la cible, le canal, le message, le nombre de relances.
Structurer une cible
Un bon Business Developer explique pourquoi il a choisi tel secteur plutôt qu'un autre. Il raisonne en clients types et en signaux d'achat, pas en listes achetées au hasard.
Négocier
Sur un poste avec signature ou partenariats, nous testons la négociation : remise, durée d'engagement, exclusivité territoriale. Nous cherchons quelqu'un qui ne lâche rien sans recevoir quelque chose en retour.
Tenir un pipeline seul
En startup, personne ne vérifie son CRM chaque jour. Le candidat doit montrer comment il classe ses opportunités, et ce qu'il fait d'un dossier immobile depuis trois semaines.
Ce que nous faisons en entretien
Nous donnons au candidat le site d'une entreprise réelle et vingt minutes de préparation. Il doit nous dire quelles cibles il attaquerait en premier, par quel canal et avec quel premier message. Ensuite, nous jouons un partenaire potentiel qui hésite à signer un accord de revente.
Salaire d'un Business Developer en 2026
Selon notre baromètre, le fixe d'un Business Developer débutant se situe entre 33 et 41 K€ brut annuel à Paris. Avec six à dix ans d'expérience, il monte à 50-60 K€. Ces fourchettes bougent avec l'entreprise, sa taille, le diplôme et l'expérience.
Salaire fixe brut annuel à Paris, hors variable
Junior
0-2 ans
33-41 K€
Confirmé
3-5 ans
38-50 K€
Médian : 44 K€
Senior
6-10 ans
50-60 K€
Expert / Lead
10 ans et +
62-76 K€ et plus
Et après ? Au-delà, un poste de Head of Sales démarre vers 82-90 K€ de fixe à Paris dans notre baromètre. Voir le baromètre des salaires
Salaire débutant, Paris et régions
Hors de Paris, retirez 10 à 15 % au fixe parisien. Lyon se situe environ 10 % en dessous, et un contrat en full remote autour de 8 %.
| Niveau | Paris | Hors Paris |
|---|---|---|
| Junior (0-2 ans) | 33-41 K€ | 28-37 K€ |
| Confirmé (3-5 ans) | 38-50 K€ | 32-45 K€ |
| Senior (6-10 ans) | 50-60 K€ | 43-54 K€ |
| Expert / Lead (10 ans et +) | 62-76 K€ et plus | 53-68 K€ et plus |
Junior (0-2 ans)
- Paris
- 33-41 K€
- Hors Paris
- 28-37 K€
Confirmé (3-5 ans)
- Paris
- 38-50 K€
- Hors Paris
- 32-45 K€
Senior (6-10 ans)
- Paris
- 50-60 K€
- Hors Paris
- 43-54 K€
Expert / Lead (10 ans et +)
- Paris
- 62-76 K€ et plus
- Hors Paris
- 53-68 K€ et plus
Pour un premier poste, l'écart vient surtout du visage du métier. Un Business Developer qui prospecte pour des AE démarre dans le bas de la fourchette junior. Celui qui signe seul ses contrats dans une startup financée se négocie plus haut.
Le variable
Le variable pèse en moyenne 28 % du package dans notre baromètre. Selon le poste, il porte sur le pipeline créé, le chiffre d'affaires signé ou l'activité des partenaires. Chaque entreprise fixe ses règles : plafond ou pas, fréquence de versement, bonus au-delà de l'objectif.
Business Developer freelance
Le Business Developer freelance intervient souvent à temps partiel, pour une startup qui teste un marché. Sur Malt, la moitié des profils se situe entre 420 et 660 € par jour. La médiane tourne autour de 500 € (relevé d'octobre 2026, 24 profils).
Sources : grille Business Developer du baromètre des salaires Lity, avec un abattement régional appliqué au fixe parisien ; tarifs relevés sur Malt en octobre 2026.
Comment devenir Business Developer
Les études
Le parcours le plus fréquent reste l'école de commerce, avec un master en vente, marketing ou entrepreneuriat. Un BUT Techniques de commercialisation ou une licence professionnelle suffisent pour un poste tourné vers la prospection.
L'alternance est une voie d'entrée très répandue. Pour un poste en partenariats ou à l'international, les recruteurs regardent de près l'anglais, parfois une deuxième langue étrangère.
Les passerelles
Beaucoup de Business Developers sont d'anciens SDR qui ont appris la prospection pendant un ou deux ans. D'autres viennent du conseil, de la vente terrain ou de l'ingénierie quand le produit est technique.
La reconversion
Nous voyons des reconversions réussies depuis l'immobilier, l'événementiel ou la vente en agence. Ces profils savent déjà conclure. Il leur reste à apprendre la vente B2B outillée : CRM, séquences, décisions prises à plusieurs.
Pour les entreprises qui recrutent, notre guide pour recruter un chargé de développement commercial détaille les étapes du processus.

Évolutions de carrière
Après quelques années, le choix se fait entre vendre plus gros, encadrer ou se spécialiser.
| Voie | Postes | Fixe à Paris |
|---|---|---|
| Vendre de plus gros contrats | Account Executive, Senior AE | 43-57 K€ pour un AE confirmé |
| Encadrer | Sales Manager, Head of Sales | À partir de 82-90 K€ pour un Head of Sales |
| Partenariats et stratégie | Head of Partnerships, Chief Business Officer | Selon la taille et le stade de l'entreprise |
| Développer des clients | Account Manager, Key Account Manager | 56-66 K€ pour un Account Manager senior |
Vendre de plus gros contrats
- Postes
- Account Executive, Senior AE
- Fixe à Paris
- 43-57 K€ pour un AE confirmé
Encadrer
- Postes
- Sales Manager, Head of Sales
- Fixe à Paris
- À partir de 82-90 K€ pour un Head of Sales
Partenariats et stratégie
- Postes
- Head of Partnerships, Chief Business Officer
- Fixe à Paris
- Selon la taille et le stade de l'entreprise
Développer des clients
- Postes
- Account Manager, Key Account Manager
- Fixe à Paris
- 56-66 K€ pour un Account Manager senior
Voir les fiches Head of Sales, Chief Business Officer et VP Sales.
Business Developer, SDR et Account Executive : les différences
| Critère | SDR | Business Developer | Account Executive |
|---|---|---|---|
| Mission | Décrocher des rendez-vous | Ouvrir des comptes, des marchés ou des partenaires | Signer les opportunités |
| Signe des contrats | Non | Selon l'entreprise | Oui |
| Indicateur suivi | Rendez-vous qualifiés | Pipeline, chiffre d'affaires ou partenaires actifs | Chiffre d'affaires signé |
| Fixe à Paris (3-5 ans) | 34-43 K€ | 38-50 K€ | 43-57 K€ |
Mission
- SDR
- Décrocher des rendez-vous
- Business Developer
- Ouvrir des comptes, des marchés ou des partenaires
- Account Executive
- Signer les opportunités
Signe des contrats
- SDR
- Non
- Business Developer
- Selon l'entreprise
- Account Executive
- Oui
Indicateur suivi
- SDR
- Rendez-vous qualifiés
- Business Developer
- Pipeline, chiffre d'affaires ou partenaires actifs
- Account Executive
- Chiffre d'affaires signé
Fixe à Paris (3-5 ans)
- SDR
- 34-43 K€
- Business Developer
- 38-50 K€
- Account Executive
- 43-57 K€
Si l'offre parle surtout d'appels et de rendez-vous, c'est un poste de SDR sous un autre nom. Si elle parle de démo, de proposition et de négociation, on est plus près d'un Account Executive.
Les outils d'un Business Developer
Le CRM reste l'outil central. Autour, le Business Developer ajoute une base de contacts, un séquenceur et parfois un outil d'analyse des appels.
SalesforceSuivi du pipeline, gestion des opportunités, reporting weekly auprès du Head of Sales.
HubSpotAlternative à Salesforce sur les structures jusqu'à 200 commerciaux, intégration native marketing.
OutreachSéquences outbound multicanal, cadences emails, relances automatisées sur 14 jours.
LinkedIn Sales NavigatorRecherche de comptes cibles ICP, alertes job change, prise de contact warm.
ApolloRécupération d'emails et numéros directs, enrichissement de listes de comptes.
CognismBase européenne RGPD, mobiles vérifiés, alternative premium à Apollo sur l'enterprise.
GongAnalyse des appels visio, coaching sur la qualif et le traitement des objections.
LemlistOutbound personnalisé avec variables et vidéos, plutôt sur SMB et early stage.


